Mangeuse d'Art

Albyky, illustratrice sans frontières

Il y a mille façon de trouver son chemin quand on est artiste. Amandine Bensard, également connue sous le nom d’Albyky, est une illustratrice et peintre de 35 ans. Elle a fait le choix d’une formation professionnelle après plusieurs années de pratique en totale indépendance. Elle a aussi toujours beaucoup partagé son travail sur le web et les réseaux sociaux. Un mélange judicieux qui permet à son talent de se faire connaître. Visite d’atelier et interview.

Albyky Space Journey painting

Albyky – Space journey

Bande-dessinée et vieilles affiches

Amandine est le genre d’amie artiste dont j’ai suivi toute l’évolution artistique. Talentueuse dès le début, ses dessins, illustrations et peintures font un effet « waouh » à ceux qui les voient. Elle vit peut-aujourd’hui en Espagne, mais dans le genre titi parisien, j’ai rarement connu aussi typique. Ayant grandi dans le 11e arrondissement, elle était de ces baroudeuses qui sont vraiment chez elles dans leurs rues. Je l’ai aussi toujours connue entrain de dessiner et de peindre. Pas une de nos rencontres sans qu’elle ne me montre ses derniers travaux. Voilà pour l’engagement artistique.

Ses sources d’inspiration sont plus que nombreuses : Moebius, Sergio Toppi, les films d’Ayao Misake, les premiers illustrateurs comme Edmond Dulac et Little Nemo, et le style des publicités Art deco de Ramon Casas.

Edmond Dulac

Ramon Casas

Sergio Toppi

Le style d’Amandine est réaliste dans le dessin, élaboré dans sa définition, tout en abordant les thèmes de la rêverie, l’évasion, la folie… Elle a aussi un faible particulier pour les architectures, les villes et les maisons. Côté technique, ses travaux actuels sont souvent composés d’un univers de couleurs, à l’acrylique ou avec de l’aniline, une aquarelle dense dont elle compare la texture à de l’encre de Chine. Puis le feutre et des touches de blanc pour composer son dessin.

Quand elle y réfléchit, elle trouve que ses sujet tournent finalement autour du thème de l’apocalypse : des maisons vides, des animaux qui transportent leur maison sur leur dos… Mais de manière rêveuse : comme si on s’était détaché de la réalité, et qu’on regardait une chose (une maison, une ville, un animal, un visage..) simplement dans sa poésie.

Une formation pour sauter le pas

Albyky a toujours créé activement et participé à plusieurs projets, mais comme une seconde vie, après le travail. Il y a deux ans, elle a décidé d’intégrer une formation à l’école Artediez, à Madrid, et tenter le pari de vivre de son art.

« Quand j’ai voulu quitter le monde de l’hôtellerie pour vivre de mon art, j’ai contacté des éditeurs, des agences, et je me suis rendue compte que je n’avais pas le niveau professionnellement parlant. Avoir ou pas la vocation, ça ne suffit pas » conclu-t-elle. On retrouve cependant sa patte de toujours dans ses œuvres actuelles, le style et les thèmes étaient déjà là. Durant cette formation, elle dit avoir acquis en technique mais aussi en rapidité d’exécution.

Son travail a changé. Elle est passée de grandes peintures à des formats de plus en plus petits, jusqu’à des feuilles A4, avec une touche plus teintée « illustration », un peu plus minimaliste. « La peinture était plus personnelle, j’ai voulu me spécialiser dans le dessin pour me professionnaliser. J’avais une forte culture de l’expérimentation, ma formation m’a enseigné qu’il fallait aussi apprendre à garder un cap !  »

Un exemple de projet professionnel : la création d’un univers visuel pour une série de produits à base de miel

Toujours sur le web

Pour Albyky, il est naturel de partager son travail, de le montrer et de solliciter les avis. Et ça se voit sur la toile. Sur son site web, sur Instagram, sur Facebook, elle poste avec régularité le travail qu’elle produit au quotidien. Sur Pinterest, elle collectionne et partage ses sources d’inspiration et ses recherches, dont tout le monde peut profiter. Enfin, elle cherche toujours des opportunités, crée des profils dès qu’arrive un nouveau réseau artistique, participe à des appels à projet en ligne… Et ça paye : elle vient de remporter le prix de la Fondation Aquae qui récompense le travail d’artistes autour du thème de la créativité !

Cette façon d’intégrer le partage de son travail à son quotidien lui est peut-être naturel, mais pas évident pour tous les artistes. Une explication sans doute lors du stage qu’elle a pu effectuer en tant qu’assistante de l’artiste Gabriel Moreno, qui lui avait confié : « Les gens qui ont peur qu’on les copie ne rêvent pas assez grand. » Une position que j’applaudis en tant qu’adepte du partage d’inspirations décomplexé. Elle précise : « C’est une question d’honnêteté de s’inspirer d’un autre artiste, de l’interpréter sans le copier. Je n’ai pas peur de partager mon travail. »

Et pourquoi s’en priver : 4000 abonnés sur Pinterest, 1000 sur Facebook, 350 sur Instagram… Partager, c’est se créer sa propre galerie d’exposition en ligne !

albyky.wordpress.com

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